SESSION JUILLET 2020 | INTERVENTION DE GUY LARMANJAT RELATIVE A LA PRECARITE ENERGETIQUE

Monsieur le Président

Mes chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

La précarité énergétique est un fléau qui touche selon l’INSEE près de 5 millions de ménages en France. On parle de ce phénomène lorsque la facture d’énergie du logement dépasse 10% des revenus d’un ménage. Ce calcul ne prend pourtant pas, malheureusement en compte les nombreux ménages qui, volontairement, se chauffent mal voir très mal au mépris de leur santé pour éviter d’avoir de lourdes factures qu’ils ne pourraient honorer. Ainsi les 20 % de ménages les plus pauvres consacrent à l’énergie une part de budget 2,5 fois plus élevée que les 20 % les plus riches. A l’échelle de notre Région ce sont 610 000 foyers touchés soit 19% des ménages, un taux au-dessus de la moyenne française qui est de 15%. Pour terminer ce sombre tableau, la facture énergétique moyenne de chauffage et de l’eau chaude s’élève à 1 616 € par an.

1 616 € par an, voilà une charge annuelle pour les ménages, parfois bien plus élevée chez les précaires, que nous pourrions contribuer à réduire pour redonner du pouvoir d’achat aux Aindinois.

Les habitants de l’Ain conscients des enjeux climatiques que nous vivons actuellement et fragilisés économiquement, rêvent de pouvoir mettre un terme à leur passoire énergétique. L’espoir, un jour, de pouvoir réduire leur facture énergétique et de pouvoir entretenir leur bien créent des attentes dans la société vis-à-vis des pouvoirs publics.

Mardi dernier, le nouveau Premier Ministre, Jean Castex, a présenté sa déclaration de politique générale à la représentation nationale. Un discours dans lequel il a annoncé une contractualisation avec les collectivités sur le développement écologique afin de financer les projets de rénovation thermique. Pour se faire, une partie des 20 milliards d’euros mobilisés par l’Etat sera fléchée pour conduire ce vaste chantier. Pour citer précisément le chef du gouvernement, il a déclamé que « la solution, c’est d’accompagner individuellement les Français : en matière de logement, en finançant leur projet de rénovation thermique ».

Si nous voulons, à la fois mettre à l’abri nos concitoyens de la précarité ainsi que leur permettre de retrouver du pouvoir d’achat et si nous voulons participer à la lutte contre le réchauffement climatique, alors nous devons nous investir dès maintenant sur un dispositif d’accompagnement de ces foyers.

En coordination avec les aides de l’Etat et les initiatives des communes ou des intercommunalités, ne devons-nous pas bâtir dès à présent un plan d’aides pour l’isolation et la transition énergétique des particuliers ?