SESSION MAI 2020 | INTERVENTION DE GUY LARMANJAT RELATIVE A LA GESTION DES MASQUES

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Président,

« Nous n’avons jamais été en rupture de masques »… ce sont les mots du Président de la République Emmanuel Macron, le 18 mai sur BFMTV. Pour les prononcer Monsieur le Préfet, il faut soit méconnaître totalement l’histoire des deux mois passés, ce que je n’ose imaginer, soit vouloir volontairement la passer sous silence. Il ne faut, pas comme c’est le cas des modestes élus locaux, avoir eu à longueur de journée les personnels soignants médecins, infirmiers, aides-soignants, aides à domiciles… en larmes nous implorant de leur trouver des solutions de protection.

Ces mots, cette phrase, Monsieur le Préfet, ont été vécus par le personnel soignant comme une négation de la réalité professionnelle qu’ils ont connue. Ces mots, cette phrase ont suscité l’indignation, mais également la colère.

Monsieur le Préfet, tous ici présents, dans nos cantons, dans nos EHPAD, nos hôpitaux, nos IME, nos SAAD, nos cabinets infirmiers, chez nos médecins généralistes, avons pu constater des manques cruels et des ruptures d’approvisionnement en masques et autres protections. Oui, il y a eu une terrible pénurie de matériel médical durant plusieurs semaines ! Tous ceux qui prétendent le contraire, blessent profondément et heurtent nos soignants.

Pour faire face au Covid-19, certains soignants ne pouvaient pas porter des masques tous les jours, d’autres en portaient des périmés et tous ont gardé les masques bien au-delà du nombre d’heures recommandées pour ne pas amputer les maigres stocks de leurs collègues qui prenaient la relève.

Notre impréparation à cette crise était criante et ne peut être notre excuse, notre voisin Allemand, tout aussi surpris que nous par le virus, a su réagir et s’organiser pour ne pas vivre le drame français. L’Allemagne, un pays qui a souvent servi d’exemple au discours du Président de la République, mais cette fois-ci le modèle allemand n’a malheureusement pas été copié, ni même évoqué.

Monsieur le Préfet, ce que nous avons vécu ces derniers mois, nous ne devons plus jamais le revivre.

Je souhaite que les services de l’État aient la volonté de mettre en place pour le futur un stock stratégique de masques et de tout autres matériels de protection. Le premier objectif à court terme doit nous permettre de faire face, si cela devait être le cas, au retour d’un pic de la pandémie du Covid-19. Le deuxième objectif à plus long terme est de se préparer comme un pays développé doit le faire à d’autres pandémies qui pourraient surgir dans les années à venir. Pour se faire, des espaces de stockage et le personnel nécessaire à la maintenance du site pour garantir la pérennité des stocks indispensables à la sécurité des services de soins doivent de suite être déployés.

Le Conseil départemental pourrait j’en suis sûr, travailler ce sujet main dans la main avec l‘Etat, notamment pour les EHPAD.

A l’échelle de l’Ain, nous avons l’obligation mais aussi le devoir, de nous organiser pour que nos soignants et les Aindinois ne revivent jamais la situation dramatique qu’ils ont vécue.