SESSION MAI 2020 | INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET RELATIVE AU VŒU SUR LA COMPETENCE ECONOMIQUE

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Ce vœu –je dois le dire- nous laisse quelque peu perplexe. Et plus encore après les propos échangés ce matin.          
S’il y a bien un domaine dans lequel nous pouvons et nous devons intervenir, c’est bien celui du tourisme au regard des pertes mesurées et du nombre d’acteurs concernés.

Or monsieur le Préfet nous a pleinement rassurés ce matin sur le sujet et c’est la raison pour laquelle nous voterons ce dispositif cette après-midi.

Par contre, dé-confiner la compétence économique, c’est ouvrir la boîte de Pandore et le moment est mal choisi. Déjà parce que notre soutien à l’égard du tissu économique ne constituerait qu’une goutte d’eau au regard des centaines de millions d’euros de pertes d’activité dans notre département. Mieux vaut cibler une aide significative à destination de certains acteurs : c’est le cas de ceux du tourisme que le département accompagne déjà au travers d’Ain tourisme.

Et puis les Régions n’ont pas démérité dans la gestion de l’urgence. Elles ont réuni 500 millions d’euros à destination des petites entreprises en souffrance. Laissons-les assumer ce qui est leur responsabilité.

D’ailleurs –s’il y avait matière à débattre pour détricoter la loi Nôtre, ce serait sans doute moins avec l’Etat, qu’avec Auvergne Rhône Alpes pour obtenir son aval puisqu’elle est chef de file en matière économique.
Et là, permettez-moi d’avoir quelques doutes. N’a-t-on pas vu un de vos amis Républicains –Renaud Muselier, président de PACA- remercier récemment la ministre Jacqueline Gourault pour avoir rappelé à la présidente des Bouches du Rhône, une de vos amies également, l’impossibilité pour le département d’apporter des aides directes aux entreprises.

Une pagnolade de plus en milieu sudiste me direz-vous mais je ne crois pas que nous ayons un quelconque intérêt à ajouter de la confusion dans un paysage institutionnel bien établi.

La voie de la convention avec les intercommunalités ou la Région peut être la solution.

Et je vous épargne la conclusion de votre ami président de Région qui rappelle combien les départements ont déjà à faire dans le champ social. Et il n’a pas tort.

Je ne veux d’ailleurs pas être cruel mais comment peut-on dans le temps présenter un vœu pour accroître la dépense et un second pour en appeler à la solidarité de l’Etat dans un domaine qui nous oblige puisqu’il a à voir avec les acteurs du secteur social.

La conclusion pourrait être la suivante : nous avons déjà  beaucoup à faire dans les champs qui sont les nôtres. En demander d’autres me paraît hasardeux fut-ce avec une intention louable. Sachons approfondir nos politiques et laissons aux autres le soin d’assumer les leurs.