SESSION FEVRIER 2020 | INTERVENTION DE GUY LARMANJAT RELATIVE A L’ACCUEIL D’UN EPR

Monsieur le Président

Mes chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

 

Lors de la dernière session de l’année 2019, vous avez porté un vœu relatif à la candidature du site du Bugey pour l’accueil d’un Réacteur Européen à Eau Pressurisée (EPR). Face à une démarche précipitée et sans concertation, nous avions décidé de ne pas prendre part au vote.

Le gouvernement a dernièrement lancé une consultation sur son projet de programmation pluriannuelle de l’énergie, cela vient d’être rappelé, avec pour objectif de fermer 14 réacteurs. La centrale nucléaire de Saint Vulbas figure sur cette liste et selon les résultats des visites de maintenance, l’Autorité de Sureté décidera de la poursuite ou non des réacteurs.

Pour l’EPR, vous mettez en avant le développement économique du territoire et la contribution à une production d’électricité décarbonnée. Pour le prix faible de l’électricité en France, vous omettez le coût du démantèlement des centrales et le retraitement des déchets non considérés pour l’instant.

Nous vous disons que cette technologie n’est ni stabilisée techniquement, ni dans ses coûts ni dans ses délais.  Je rappelle que pour l’EPR de Flamanville le coût initial était de 3,3 milliards d’euros il va finalement coûter au moins 12,4 milliards d’euros soit 4 fois plus. Celui d’Hinkley Point en Angleterre a déjà accumulé un surcoût de 2,15 milliards d’euros pour s’envoler entre 24,3 et 25,4 milliards d’euros. Flamanville dont les travaux devaient être terminés en 5 ans, devrait être réalisé sur une durée d’au moins 16 ans. Hinckely Point accumule déjà un retard de 15 mois.

On ne peut pas aborder la question du nucléaire sans parler des éventuels impacts ou risques comme la consommation de foncier, la ressource en eau, les rejets et surtout, le traitement et l’élimination des déchets.

Par ailleurs, ce vœu a suscité chez les Aindinois de vives réactions. Comment ne pas les associer à de tels sujets lorsqu’on les soumet à de tels risques ?

Souvenons-nous de certains départements qui ont porté des projets d’envergures sans l’assentiment des habitants provoquant des contestations et des déchirures, entre les élus et la population. Barrage de Sivens, Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Center Parcs à Roybon en Isère, ces projets tous maturés loin des citoyens et dont les conséquences ont été catastrophiques voire funestes.

Monsieur le Président,

Comment peut-on prendre le temps et le soin d’une consultation citoyenne pour le choix d’un gentilé et le nom d’un musée comme vous venez de le faire et appeler – j’y souscris – à la concertation et à la transparence pour revenir au 90 km/h sur certaines routes départementales et ne pas vouloir les associer au choix de l’implantation d’un EPR ?