SESSION FEVRIER 2020 | INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET RELATIVE AU BUDGET PRIMITIF

Cette année 2020 marque assurément la fin d’un cycle qui a vu en près de 40 ans le département assumer des compétences toujours plus nombreuses et se doter des moyens de les financer.

L’Ain y a beaucoup gagné : ses collèges ont été rénovés et beaucoup ont été construits ; son réseau routier s’est modernisé et étoffé, et il est devenu indispensable aux plus fragiles à l’égard de qui s’exerce notre mission première, la solidarité.

Les contraintes financières –les choix politiques aussi- ont mis à mal la capacité de notre département à intervenir et à vrai dire l’idée même de la décentralisation. Qui veut que l’on agisse toujours plus en proximité au service de nos concitoyens.

Soyons sincères au point de dire qu’à force d’amputation de nos moyens, de perte de compétences et de choix aussi, le budget présenté entérine des coupes drastiques.

Depuis 2015, ce sont trois millions euros par an – 15 millions au total- qui ont été ponctionnés au détriment de la jeunesse, de la culture, de la vie sociale et du sport.

Des millions d’euros prélevés qui ne financent qu’en partie l’investissement. La section d’investissement marque le pas et ne progresse que de 1,3%. Et puis il y a un nécessaire équilibre à trouver entre investissement et moyens de fonctionnement.

La culture n’est pas qu’affaire de structure : elle se crée à l’image des nécessaires événements ou expositions qui doivent se renouveler année après année ; l’accompagnement de la jeunesse n’est pas qu’affaire d’équipements : il nécessite aussi des moyens de fonctionnement à l’image d’un conseil départemental jeunes qui a été passé par pertes et profits.

La maîtrise de la dépense n’est parfois qu’apparente : la masse salariale est contenue mais elle ne dit pas qu’une partie est désormais externalisée, non seulement la restauration de nos collèges mais le nettoyage aussi.

Tous les départements n’ont pas fait ce choix. Parce qu’il convient aussi de garder la maîtrise des services intégrés. La qualité des prestations –alimentaire en particulier- en dépend.

En tout cas, pour ce qui est de la ressource, les dés sont jetés. C’en est fini du dernier impôt sur lequel nous avions la main. Nous voilà contraints à constater nos ressources au gré de l’évolution de la consommation et de la TVA.

A distendre le lien entre le développement économique, démographique et la dynamique de l’impôt, le risque est fort de choisir l’attentisme. Je sais que ça n’est pas l’esprit ici ni des territoires de l’Ain qui eux –et c’est heureux- continuent à percevoir le fruit de leur développement.

Ce qui signifie aussi que le département aura de plus en plus à co-construire ses politiques, à écouter et à accompagner à l’image des sujets  qui nous ont réunis –signalétique autoroutière ou fibre optique entre autres. Le temps n’est plus où chacun pilotait sa collectivité dans son couloir ; il exige un dialogue renouvelé avec le niveau local et régional.

C’est sans doute une autre lecture budgétaire à avoir qui dessinerait un véritable projet départemental. Le défi climatique et environnemental va nous y obliger. La contractualisation peut y aider. C’est l’objet d’un autre débat.