Session décembre 2019 – Question au Président de Guy Larmanjat relative à la démographie médicale

QUESTION AU PRÉSIDENT DE GUY LARMANJAT RELATIVE A LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE

Le Département de l’Ain est le 3ème département de France le moins doté en médecins par rapport à son nombre d’habitants. Vous avez d’ailleurs qualifié sa situation de la pire de la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans vos propos liminaires. L’accès au soin est donc compliqué et les zones de déserts médicaux s’élargissent d’année en année dans l’Ain. A Valserhône par exemple, plus de 10% de la population n’a pas de médecin traitant.

Lors des États généraux des territoires, vous vous êtes engagés à entamer une réflexion sur la démographie médicale et à proposer des mesures fortes pour y répondre.

La première mesure consisterait à embaucher 3 à 4 médecins salariés du Département, ce qui ne représente que 1% des médecins installés dans l’Ain. Ces recrutements ne modifieront donc pas significativement la démographie médicale. Nous sommes très loin des 40 médecins recrutés par la Saône-et-Loire qui permettent la prise en charge de patients dans tout le territoire. Le Département de Saône-et-Loire que vous aviez invité lors des états généraux a expérimenté la mise en place du premier centre départemental de santé en France avec le statut de salarié proposé aux médecins. Le bilan de nos voisins est excellent puisque le centre de Mâcon a accueilli par exemple au mois de janvier 2019 près de 2 100 patients. Sur ces 2 100 patients plus de 40% n’avaient pas de médecin de famille. Et près d’un tiers des consultations étaient non-programmées permettant ainsi l’accès aux soins et d’éviter des pathologies lourdes, invalidantes qui pèsent fortement dans notre système de santé. Enfin, ces consultations ont également permis de désengorger les urgences de l’hôpital de Mâcon.

Les mesures du plan sur la démographie médicale sont homéopathiques tant la concurrence entre les territoires et les départements est forte pour attirer des médecins.

Vous souhaitez l’ouverture d’une première année de médecine à Bourg-en-Bresse. Cela permettra sans aucun doute de faire découvrir notre Département à de jeunes étudiants mais ne permettra pas de les faire revenir chez nous après leur cursus. Après 7, 8 ou 10 années d’études à Lyon, à Dijon ou à Grenoble il est très peu probable que les jeunes médecins qui auront leur vie personnelle, voire familiale dans ces métropoles aient l’idée de revenir dans le département qui les a accueillis en première année.

L’ambition affichée est louable et nous y souscrivons pleinement mais les moyens qui y sont consacrés sont très faibles. En médecine on les qualifierait d’effet placebo.

Monsieur le Président, nous sommes d’accord sur le diagnostic mais permettez-nous de ne pas être convaincus par vos prescriptions.

Diaporama Plan d’actions départemental – Session 161219 – Démographie