Session décembre 2019 – Intervention de Christophe GREFFET suite à la présentation d’un vœu relatif à la candidature du site du Bugey pour l’accueil d’un EPR

Lors de la dernière session, la majorité départementale a porté un vœu sans nuance relatif à la candidature du site du Bugey pour l’accueil d’un EPR. Face à une démarche précipitée et sans concertation, nous avons décidé de ne pas prendre part au vote.

Ce projet d’EPR nous a été présenté comme un projet industriel providentiel. La majorité évoque le développement économique du territoire et la contribution à une production d’électricité totalement décarbonnée d’ici à 2035.

EDF doit pourtant faire face à plusieurs déboires sur les sites de Flamanville et Hinckley Point en Grande-Bretagne. Celui de Flamanville sera livré avec trois à dix ans de retard. Quid d’un projet dans notre département ?

La question des coûts est aussi importante lorsqu’on évoque 5 milliards d’euros de dépenses alors qu’on observe des coûts de 13 milliards d’euros en Grande-Bretagne et de 11 milliards d’euros à Flamanville. Force est de constater que les coûts d’objectif de 120€ le mégawatt ne pourront pas être tenus alors que l’éolien terrestre et les centrales photovoltaïques au sol produisent à raison de 75 € le mégawatt.

Cette technologie donc n’est ni stabilisée dans ses coûts, ni dans ses délais. Ce qu’a confirmé le gouvernement au Sénat en renvoyant le choix du site en 2022.

Ce qui se joue en vérité aujourd’hui, c’est un bras de fer entre l’Etat et EDF qui a décidé de lancer ses propres appels d’offres malgré un calendrier politique plus long qui intègre la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Enfin, on ne peut pas considérer la question du nucléaire sans parler des éventuels dommages ou risques comme la ressource en eau et les rejets et bien entendu les déchets. Il y a nécessité de poser tous les termes du débat.

Les spécialistes et le Commissariat à l’énergie atomique expliquent que la ressource en uranium ne dépassera guère 50 ans. Si l’on considère que cet EPR fonctionnera à compter de 2030, pour une durée de 60ans, l’obsolescence interviendra donc 20 ans avant terme.

Ce télescopage des calendriers nous fait beaucoup douter. Nous ne pouvons pas dire que nous soumettons davantage d’habitants dans l’Ain à un tel risque sans un véritable débat.

Nous attendons plus qu’un simple vœu, nous exigeons une véritable concertation.

Et que dire en termes d’image pour un département qui s’attache à promouvoir une dimension touristique, une dimension d’attractivité et une dimension agricole ?