Session Avril 2019 – Intervention de Christophe Greffet relative au compte administratif

INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET

RELATIVE AU COMPTE ADMINISTRATIF

On a beaucoup entendu ce matin le satisfécit que la majorité s’auto délivre concernant sa gestion budgétaire mais comme en tout propos, il y a matière à nuancer.

Je pourrais vous dire que le niveau de la dette augmente encore –de près de 20 millions- et j’aurais raison. Vous pourriez me rétorquer que la capacité de désendettement s’améliore et vous auriez raison.

D’où vient cette amélioration ? Elle doit beaucoup à la hausse de l’épargne –de près de 10 millions d’euros. Dix millions d’euros ponctionnés sur les dépenses d’intervention.

C’est le résultat des choix que vous avez faits ces années dernières au détriment –entre autres- des familles, de la culture, des loisirs ou de la jeunesse. Le pouvoir d’achat des habitants de l’Ain s’en trouve amputé d’autant.

Pression aussi sur les moyens de la collectivité et en particulier les dépenses de personnel. Ce sont 41 agents de moins qui travaillent le Département comparativement à 2017. 41 agents alors que l’Ain connaît une croissance démographique forte et que les besoins sont là, particulièrement dans le champ social qui se réorganise en ce moment.

Nous savons la souffrance dans certains métiers et c’est là un questionnement sur les choix faits de réduction budgétaire.

Il y a une seconde explication -mécanique celle-là- à la hausse de l’épargne ; c’est la nécessité de contenir les dépenses de fonctionnement à 1,2%. Je reconnais que ce ratio national –tout à fait contestable- nous contraints dans la mesure où tout dépassement serait immédiatement sanctionné du même montant.

Nous devons aujourd’hui composer avec ce boulet au pied mais il est dommageable que l’Ain subisse la double peine : celle des réductions imposées nationalement et celle des coupes budgétaires antérieures opérées par votre majorité.

Je ne sais pas de quoi accouchera le Grand débat sur la question institutionnelle et le financement les Départements mais il est essentiel que nous soyons entendus dans les termes de notre motion commune -votée ici il y a quelques semaines- pour que notre collectivité participe encore –et c’est son rôle- à l’équilibre et à la solidarité territoriales.

Ces plus de 10 millions d’euros d’épargne  dégagés au titre de 2018 doivent justement servir l’avenir et l’investissement.

Vous me permettrez tout d’abord de dire le pilotage approximatif –certains  avec moins de précaution diraient à vue- de certains projets. Et je regrette que cela affecte un domaine qui m’est cher, celui de culture.

En avril 2017, nous nous étions abstenus sur le projet du musée de la cuivrerie de Cerdon au contenu encore beaucoup trop imprécis. Et pour cause. En l’espace de deux ans, l’enveloppe « travaux » a presque doublé, passant de 2,7 à 5,2 millions d’euros. Et nous sommes encore très en amont de la réalisation.

Sans compter les 600000 euros nécessaires à l’acquisition des bâtiments, du matériel et des savoir-faire. Autrement dit, près de 6 millions d’euros seront au total nécessaires. Sans jamais qu’une présentation n’ait été faite devant l’assemblée. Ce qui est dommageable autant pour la représentation départementale comme pour l’ambition du projet.

Ce projet de taille ne peut pas être dissocié des choix faits ailleurs et en particulier de rénovation du musée de la Bresse. Au-delà de l’ambition affichée –qui doit être retravaillée suite à notre 1ère réunion avec les acteurs touristiques et les professionnels de la filière avicole- il y a nécessité de se projeter financièrement.

Quand allons-nous délibérer sur une autorisation de programme et pour quel montant ? Nous devons traduire en chiffres l’évolution de ce musée qui peut et qui doit être –j’en suis convaincu- une porte d’entrée de notre Département.

Ces 10 millions d’euros d’épargne supplémentaires dégagés en 2018 doivent aussi et déjà servir les projets du quotidien, utiles aux habitants de l’Ain et vecteurs d’activité.

C’est le cas du logement dont on sait qu’il est essentiel dans ce département qui accueille 7000 nouveaux arrivants chaque année.

Votre rapport sur le sujet entérine ce que nous savions déjà : à savoir une baisse très nette de la production de logements neufs par les bailleurs sociaux puisque l’objectif est ramené à 1000 logements par an quand les meilleurs années ont permis d’en construire plus de 1600.

Cette baisse s’explique, on le sait, par la réduction des fonds propres des bailleurs. Sans doute près de 20 millions d’euros dans l’Ain.

Vous maintenez les aides à la pierre en les fléchant vers la rénovation urbaine et les quartiers en ont besoin. Mais nous pourrions tout aussi bien afficher des moyens supplémentaires en direction des secteurs les plus impactés par la baisse de la  production ; des secteurs moins tendus mais qui ont de vrais besoins.

Voilà à quoi pourraient servir ces 10 millions d’épargne. Ce serait une dépense publique utile, génératrice d’emplois et indispensable pour accueillir dans ce département. Une dépense qui pourrait aussi garnir le carnet de commandes des entreprises du secteur. En nous en savons en difficulté.

Ce serait aussi une manière de soutenir les territoires à l’occasion d’une concertation qui reste encore à mettre en œuvre.