SESSION février 2019 – INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET RELATIVE à la contribution au Grand débat national

INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET

RELATIVE A LA CONTRIBUTION AU GRAND DEBAT NATIONAL

Les manifestants  n’ont jamais été aussi nombreux à défiler sous nos fenêtres –ou plutôt celles de l’Etat depuis maintenant trois mois. En attendant tout ou en tout cas beaucoup du pouvoir. Je crois pour ma part à un pays profondément décentralisé où les territoires et les Français pourront enfin faire ce à quoi ils aspirent : se prendre en charge eux-mêmes. Dans cette organisation indispensable à la modernisation de la France, le Département restera –j’en suis convaincu- un acteur essentiel.

Il ne s’agit pas d’être dans l’incantation ou de quémander. Mais de proposer.

Il y a un domaine qui-plus que d’autres- doit nous permettre d’être force de proposition. C’est la politique routière.

Nous savons de quelle manière est-ce que l’abaissement à 80km/heure de la vitesse sur les routes départementales a été mal vécu faute d’être discuté avec les territoires ; les ruraux vivant parfois cette limitation comme un manque de considération là où les urbains et les agglomérations seraient davantage écoutés.

Vous-même, monsieur le président, à plusieurs reprises, vous avez dit combien ce décret faisait peu de cas des situations locales et je partage l’idée que les départements doivent être entendus sur le sujet.

Sans avec définitif pour ma part. Parce que les chiffres –à la baisse- du nombre de victimes de la route depuis l’été dernier à l’échelle nationale tend à démontrer la pertinence de cette limitation. Cela reste à voir dans l’Ain faute d’éléments connus pour l’instant.

Et puis, j’invite à la prudence avant de condamner la mesure parce que –pour ma part- je rencontre beaucoup plus fréquemment de maires qui demandent une diminution de la vitesse sur les axes départementaux qui traversent leur commune que l’inverse.

Si nous voulons être dans la construction et la proposition, à supposer que le débat national conduise demain à nous donner une liberté sur le sujet :

-il convient de savoir quelle est la part actuelle des 4500 km de routes départementales soumis aux 80 km/heure. Une moitié ? Deux tiers ? C’est une donnée essentielle.

-ensuite, il convient d’étudier –en concertation- l’opportunité de relever la vitesse à 90 km/heure sur certaines portions. Je dis en concertation avec les maires qui connaissent bien leur territoire et les associations de victimes qui ont aussi un vécu personnel.

Lorsque ce travail sera réalisé, alors nous mesurons peut être que seuls 10%, 20%, 30% peut-être de notre réseau peut faire l’objet d’un relèvement à 90km/heure.

Je plaide pour que cette étude soit engagée sans délai. Parce que nous disposons d’agences et de services qui ont une parfaite connaissance de ces 4500 km de routes. Et puis nous ne pouvons pas accuser l’Etat d’être liberticide à l’égard des collectivités et ne pas lui démontrer –preuve à l’appui- qu’il manque de discernement dans ses approches. Et qu’il peut –et doit même- nous faire confiance.