SÉANCE D’INSTALLATION JUILLET 2017 – Intervention de Christophe Greffet suite à l’élection de Jean Deguerry, nouveau président du Département

INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET
RELATIVE A L’ÉLECTION DU NOUVEAU PRÉSIDENT

 

Je tiens à adresser à Jean Deguerry -au  nom  de notre groupe- mes chaleureuses  félicitations  et mes sincères vœux de réussite au service de l’Ain.

Je veux aussi dire à notre ancien Président Damien Abad, qui ne quitte pas cette assemblée, combien la tonalité et le respect qui ont toujours présidé à nos échanges ont participé, je le crois, à expliquer le rôle du département et les choix de chacun. Je suis convaincu que ce dialogue se poursuivra.

Voilà deux ans, j’avais dit combien l’horizon de six années qui s’offrait à la majorité permettrait d’inscrire l’action du département dans la durée sans solliciter la confiance des électeurs à mi-mandat.

Les propos du nouveau président nous indiquent qu’il compte marcher dans les pas de son prédécesseur et poursuivre le cap défini.

Je partage pleinement son ambition pour notre département dont chacun s’accorde à reconnaître qu’il dispose d’indéniables atouts qu’il nous faut conforter et cultiver.

Bien évidemment, nous n’avons pas la même lecture que la majorité de ces deux années passées. Lors de l’examen du dernier compte administratif, j’ai dit de quelle manière les leviers fiscaux actionnés hier et tant critiqués, permettent à la majorité d’aujourd’hui de faire face aujourd’hui aux exigences du redressement des comptes publics nationaux.

Je pourrais souligner aussi le poids du passif des emprunts toxiques qui nous coûtera encore plus de 50 millions d’euros durant les douze années qui viennent. Je pourrais faire le parallèle avec le dé-tricotage des politiques facultatives au détriment des familles et de la jeunesse, de la culture ou du milieu associatif.

Quand dans le même temps, la courbe de l’investissement est encore loin du niveau des mandats précédent.

Le cap reste le même. Il est vrai que cette assemblée est la même qu’en 2015. Mais le contexte dans lequel nous évoluons aujourd’hui a profondément changé.

Le paysage politique a même été bouleversé à l’occasion des dernières consultations avec les conséquences que l’on connaît sur nos familles partisanes.

Il est inquiétant de voir qu’en l’espace de cinq ans, un parti de rejet -que l’histoire même de notre département nous invite à combattre sans relâche- a progressé de 15 000 voix.

Depuis notre installation voilà deux ans, ce sont plus de 15 000 nouveaux arrivants qui se sont installés dans l’Ain et qui viennent s’ajouter à des dizaines de milliers d’autres depuis le début des années 2000.

Autant dire que les attentes sont fortes pour des ménages qui viennent chercher des charges foncières plus faibles que dans les départements voisins mais qui – une fois installés- souhaitent bénéficier des mêmes moyens de transport, des mêmes connexions numériques, des mêmes réseaux routiers  adaptés. Autant de défis pour l’action publique et notre département.

Et il importe -par-delà nos divergences et où que nous siégeons sur ces bancs­ de les traduire  en mesures  concrètes et  compréhensibles pour  les  habitants.

Nous y parviendrons d’autant mieux que nous renouvellerons les pratiques au sein de cette assemblée. Le moment que nous vivons nous invite à le faire.

Les commissions ne peuvent plus se limiter à l’examen de rapports aboutis mais doivent être de véritables lieux de réflexion dans le processus d’élaboration des mesures.

Des groupes de travail ad hoc associant toutes les sensibilités doivent pouvoir se constituer dès lors qu’un sujet le mérite. Je l’avais souhaité pour la répartition de la compensation financière genevoise avec l’idée de considérer les intercommunalités ; nous aurions également pu le faire avant tout transfert d’équipement au département en faisant l’état des lieux des gymnases au service des collèges.

Ces groupes pourraient aussi écouter et échanger avec les acteurs et les citoyens concernés pour orienter nos décisions.

De la même manière,  toute  politique publique se doit d’être évaluée; nous l’avons  dit au sujet de la réorganisation du service des routes et  il en sera de même  demain  pour  l’action  sociale.  Il faut oser nous confier la présidence des groupes chargés d’évaluer les politiques publiques engagées.

Au final, je dirais qu’il nous faut plus de transversalité, davantage  de participation et nous y sommes prêts. La majorité a une feuille de route, je l’entends.

Mais qui pouvait imaginer il y a deux ans les conséquences de la loi Nôtre?

Qui peut aujourd’hui dire comment se traduiront pour notre collectivité les dizaines de milliards d’euros promis en moins à la dépense publique? Qui peut dire comment vont se décliner dans l’Ain les 70 000 suppressions de postes au sein de la fonction publique territoriale ? Dans un département qui a un taux d’administration -comme chacun sait-très faible?

Ces décisions nationales auront des répercussions fortes sur la vie départementale. C’est une occasion unique pour innover, faire évoluer les pratiques et associer l’ensemble des membres de notre assemblée aux travaux qui nous mobiliserons.

Si le président souhaite en prendre le chemin, il trouvera dans notre groupe une force constructive.