SESSION JUILLET 2017 – Christophe Greffet – Question au Préfet sur les rythmes scolaires

QUESTION AU PREFET DE CHRISTOPHE GREFFET
RELATIVE AUX RYTHMES SCOLAIRES

A l’occasion de son discours devant le Congrès réuni à Versailles, le Président de la République a dit combien la question éducative était essentielle pour  l’avenir du pays. Il a également souligné la nécessité d’innover et de porter la réforme.

S’il y a une réforme qui a exigé courage et engagement dans un passé récent, c’est bien celle des rythmes scolaires depuis 2013.

C’est à nous élus locaux qu’il est revenu de convaincre les acteurs de l’école – parfois réticents – c’est aux communes et aux intercos qu’il revient de financer le reste à charge en dépit du  fonds d’amorçage et de l’aide de la CAF. C’est pour mon intercommunalité et ses communes, une dépense de près de 150 000€ qu’il a fallu arbitrer au détriment d’autres actions. Et c’est à notre collectivité qu’il revient de recruter et de gérer les animateurs – de les former aussi – pour qu’un véritable contenu soit donné aux T.A.P.

Monsieur le ministre de l’Education Nationale était d’ailleurs venu saluer notre démarche au mois de septembre 2014.

C’est avec inquiétude que nous avons vu paraitre un décret – dans la chaleur de cet été- permettant le retour à la semaine des 4 jours. Un décret qui a été rejeté par les instances de concertation qui ont eu à exprimer leur avis.

La semaine des 4 jours et demi n’a pas encore fait ses preuves. C’est entendu. La mise en œuvre au plan communal n’est pas toujours la plus pertinente notamment pour les communes les plus modestes.

Mais il y a une certitude de l’avis des experts : c’est l’inefficacité de la semaine des 4 jours. Cinq matinées sont essentielles pour les apprentissages et les études PISA démontrent combien nous avons à faire par rapport à d’autres pays pour de meilleurs résultats des élèves.

Près de 80 communes ont sollicité l’Etat pour revenir dès la rentrée à l’ancien régime.

Pour toutes les autres, va s’ouvrir un débat dès la rentrée, immanquablement. Un débat dont je crains qu’il ne soit pas serein – certains groupes peu constructifs étant prêts à s’agiter à nouveau.

Un débat apaisé exige et j’insiste, une véritable évaluation de la réforme au plan pédagogique.

L’évaluation des TAP actuellement est conduite sous l’égide d’un groupe départemental et je peux dire – pour ce qui est de mon territoire – que plus des 2/3 des familles sont satisfaites, voire très satisfaites de ces TAP.

Mais c’est bien d’une évaluation pédagogique –en lien avec les enseignants – de la semaine des 4 jours et demi dont nous avons besoin. Et c’est à l’Etat de la conduire.

Sans elle, nous allons tout droit vers une déconstruction de la réforme sous la pression des adultes – quels qu’ils soient –. Or c’est de l’être de l’enfant dont il s’agit et de son avenir.

L’AMF a dit de quelle manière le retour possible à l’ancien régime ne devait pas conclure à un détricotage de la réforme.

C’est pourtant bien le risque si les territoires ne sont pas accompagnés et il est à mon sens essentiel et urgent que l’Etat soit à nos côtés. Il serait demain bien difficile de solliciter à nouveau les territoires pour toutes les autres réformes s’ils devaient demain mettre fin à l’expérimentation après seulement 4 ans.