TRIBUNE – Le magazine du département de l’Ain – Juillet | Septembre 2017

Un avenir incertain pour l’action départementale

A l’occasion de la récente campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron, aujourd’hui élu, a indiqué vouloir nouer un pacte de confiance avec les collectivités. Il a également souhaité voir disparaître 70 000 postes dans la fonction publique territoriale et diminuer de 10 milliards d’euros les dépenses des collectivités dans les cinq ans.

Quelles peuvent être les conséquences de cette volonté affichée sur l’action départementale ?

Le département de l’Ain compte aujourd’hui 2 300 agents travaillant dans des métiers aussi différents que ceux d’assistantes sociales, agents des collèges et des routes, assistants familiaux ou médiateurs au sein des musées. L’Ain fait partie des départements dont les dépenses de personnel sont les plus faibles à l’échelle nationale. Comment pourra-t-on les réduire encore et assurer un service public efficace dans un territoire qui gagne 7000 habitants par an et dont les besoins sont toujours plus nombreux ?

Le montant des allocations universelles que sont le RSA, l’APA et la Prestation de compensation du handicap (101,6 millions d’euros en 2016) n’est que partiellement compensé par l’Etat : le reste à charge est de 61,13 millions d’euros pour l’Ain et ne cesse de s’accroitre. S’agira-t-il demain de revenir sur ces avancées sociales ou l’Etat entend-il être le garant de la solidarité nationale tel qu’il l’affirme en assumant sa part?

Face à ces interrogations nous devons rester vigilants.

De la même manière, le nouveau président a affiché sa volonté de supprimer 25% des départements français.

Le Département reste pourtant l’échelon de proximité pour garantir l’équilibre et la solidarité entre les territoires. Il investit de manière utile au service des habitants et les accompagne en de nombreux domaines. Il s’attache à estomper les inégalités et à faire du développement une priorité. Encore faut-il qu’on lui en donne les moyens.

Le Département doit demeurer une collectivité de projets et de solidarité entendue des pouvoirs publics. Il est prêt au dialogue.

Christophe GREFFET
Président du Groupe « Utiles pour vous, pour l’Ain »